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Les infrastructures durables face à la crise climatique : Lumière sur le rôle des communautés

Written by Sydney Whiting

Sydney Whiting est une activiste du climat, une élève de 12e année et une leader ausein du Carrefour climatique communautaire du sud de l Alberta (@climatehubsa). Elle s'intéresse à l'intersection qui existe entre le gouvernement, les jeunes et l'action environnementale, ce qui l’a incité à poursuivre des études en sciences politiques à l'automne.

Malgré la légère baisse des émissions de gaz à effet de serre due à la pandémie, les communautés canadiennes 一 et nos chaînes médiatiques一 ont été aux prises avec un flot incessant de feux de friches, d'inondations et d'autres événements météorologiques extrêmes au cours des dernières semaines. Pour beaucoup d'entre nous, le sentiment d'anxiété climatique n'a fait que s'intensifier à la suite des rapports environnementaux prévoyant une fréquence accrue de phénomènes météorologiques extrêmes dans les années à venir.

Une petite ville de Colombie-Britannique, célèbre pour ses températures estivales historiquement élevées, sert de microcosme pour ces effets désastreux de la crise climatique. Quelques jours à peine après avoir battu son propre record de chaleur au Canada, la ville de Lytton a été dévastée par un violent incendie de forêt le 1er juillet dernier. La majorité des infrastructures communautaires ayant été détruites, on se demande dans combien de temps 一et comment一  le village sera reconstruit...

Mieux reconstruire

Ces derniers temps, force est de constater que pour beaucoup, il apparaît nécessaire, afin de naviguer un monde post-pandémique, de « reconstruire en mieux ». Cette notion reconnaît ainsi qu'un changement social transformationnel est nécessaire pour réparer les inégalités exposées au cours des seize derniers mois. Mais dans un sens très littéral, la durabilité et la résilience de nos infrastructures doivent également être reconstruites et modernisées pour lutter contre la crise climatique.

Lors d'une réunion spéciale du conseil municipal à la suite de l'incendie, le village de Lytton a déclaré que  « le conseil considère les changements climatiques comme un facteur contribuant à l'incendie tragique... » et que « l'infrastructure et les services... [et] le village renaissant peuvent servir (après la reconstruction) de modèle de la vie dans une communauté à zéro émissions pour montrer au monde ce que chaque communauté devrait démontrer d’ici à 2050. »

Cette petite communauté 一 menée par les engagements de son gouvernement municipal 一 innove face à la crise. Le secteur du bâtiment contribuant pour 38 % aux émissions de dioxyde de carbone liées à l'énergie, une infrastructure durable et une politique civique agressive peuvent soutenir nos objectifs fédéraux de réduction des émissions. Lytton est un exemple malheureux de la catastrophe climatique et de la nécessité de résilience, mais leur engagement en faveur du développement d'infrastructures nettes zéro envoie un message fort au monde entier alors que nous visons à nous mobiliser pour une relance verte post-pandémie.

Rétrofit : construire ou ne pas construire

Par infrastructure durable, on entend un développement qui tient compte des incidences environnementales de la production d'énergie, de la gestion de l'eau et des sols, ainsi que de l'approvisionnement durable en matériaux de construction. Selon certains points de vue, il s'agit même d'une approche holistique du développement 一 valorisant la gérance de l'environnement à sa base. Dans le cadre de ce modèle, les bâtiments sont réutilisés, modernisés, réparés et réhabilités. Il force notre industrie 一 de développement et l'état d'esprit de notre communauté 一 vers les principes d'une économie circulaire.

Les chercheu.se.r.s s'accordent à dire que Lytton peut être un modèle fort en planifiant sa reconstruction complète. D'autres communautés canadiennes peuvent utiliser des mesures préventives, c'est-à-dire des approches de développement et de politiques d'adaptation au climat, pour moderniser leurs infrastructures préexistantes et soutenir la résilience climatique de leur communauté. Les deux approches sont nécessaires, et toutes deux peuvent contribuer à atténuer les effets des changements climatiques dans les années à venir.

Au sein de nos propres communautés, nous pouvons faire pression pour obtenir les mêmes engagements que Lytton, en Colombie-Britannique, avant que la catastrophe ne frappe. Nous pouvons être proacti.ve.f.s en modernisant nos infrastructures, en suscitant l'engagement de nos communautés et en nous engageant à atteindre des objectifs de consommation nette zéro.

Nous pouvons rebâtir en mieux, très littéralement.